Tribune de l’ambassadeur de France au Bénin

Depuis 2006, le 10 mai est, en France, la "journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition". La France fut le premier Etat et demeure le seul qui, à ce jour, ait déclaré "crimes contre l’humanité" la traite négrière et l’esclavage, par une loi mémorielle adoptée à l’unanimité par le Parlement le 10 mai 2001.

Cette année marque le 10ème anniversaire de cette loi, initiée par Christiane Taubira, députée de Guyane. A cette occasion, le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, a dévoilé ce jour le premier monument de la Nation à la mémoire des esclaves.

Cette ambassade attache une grande importance à mener une réflexion sur la commémoration de la traite au Bénin, terre empreinte d’un lourd passé avec l’esclavage. En 2009 et en 2010, ont ainsi été organisées, à l’initiative de l’Ambassade de France, des cérémonies de commémoration dans la ville de Ouidah, port historique de la traite transatlantique.

En 2009, une commémoration originale, mettant en scène des acteurs de l’école internationale du théâtre béninois (EITB) déguisés en esclaves, avait notamment rassemblé le ministre de la Culture et le ministre de l’Artisanat et du Tourisme. La troupe d’acteurs avait conduit la délégation invitée sur les principaux sites de l’esclavage de Ouidah.

En 2010, nous avions eu l’honneur d’accueillir au Bénin la députée de Guyane. Mme Taubira et moi-même avions participé à une cérémonie à la mémoire des victimes de l’esclavage, au cours de laquelle nous avions dévoilé une plaque en marbre portant l’inscription ‘la France, patrie des droits de l’Homme, ternie par les ombres et les misères des Lumières, s’incline devant la mémoire des victimes de l’esclavage’.

La France s’attache tout particulièrement à promouvoir les droits de l’Homme et coopère activement avec la société civile et le Gouvernement béninois afin de lutter contre les formes modernes d’esclavage, notamment contre la traite et le trafic d’enfants. Ainsi, au cours de ces deux dernières années, l’ambassade de France a financé dix projets dans le domaine de la protection de l’enfance, pour un montant de 283 millions de FCFA.

Le 10 mai est l’occasion pour chacun d’entre nous de mener un travail de mémoire sur la question de la traite négrière, afin de ne jamais oublier les victimes de l’esclavage, mais aussi et surtout de lutter contre toute forme moderne et intolérable de traite des êtres humains.

Hervé Besancenot
Ambassadeur de France au Bénin

Dernière modification : 26/02/2016

Haut de page