La marche vers la décentralisation

C’est avec l’amorce du processus de démocratisation au Bénin qu’apparaît la nécessité de décentraliser l’administration du pays. On observe cependant, sous la colonisation, une amorce de décentralisation. La loi du 18 novembre 1955 relative à la réorganisation municipale en Afrique occidentale française, instituait des communes de plein exercice (CPE) dans les localités de Porto Novo, Cotonou, Ouidah, Abomey et Parakou. Le décret n° 57-461 du 4 avril 1957 autorisait les chefs de territoire à créer par arrêté pris en Conseil de gouvernement et après avis de l’assemblée territoriale, des collectivités rurales dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Après l’indépendance, cette timide avancée ne sera pas poursuivie.

Les différents gouvernements et régimes politiques d’inspiration marxiste qui se sont succédé à la tête de l’Etat béninois ont maintenu une organisation administrative très centralisée. Une loi du 10 octobre 1981 instituait bien trois niveaux d’administration, l’Etat, la province et le district, mais l’encadrement du parti unique empêchait toute décentralisation dans les faits.

Il faut attendre les années 1990 pour voir émerger le principe d’une décentralisation administrative comme système d’administration territoriale. La Constitution adoptée le 11 décembre 1990 consacre ainsi le principe de la libre administration des collectivités locales. Depuis la Conférence des Forces Vives de la Nation, dix ans ont été nécessaires pour le démarrage effectif de la décentralisation au Bénin.

Ainsi, c’est en 2003 que le Bénin amorce un processus de décentralisation aboutissant à la reconnaissance des communes comme de véritables collectivités locales dotées de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Elles sont au nombre de soixante-dix-sept dont trois à statut particulier.

Un second scrutin local est organisé en avril 2008 aboutissant à l’élection de 1 435 conseillers communaux et municipaux et 26 000 conseillers de villages et de quartiers des villes. Cette seconde mandature voit le renforcement des collectivités locales ainsi que des personnels administratifs et élus. Elle permet d’asseoir l’exercice de la gouvernance locale et de la participation citoyenne.

C’est en 2013 que devait se dérouler le troisième scrutin local et communal. Cependant, les élections ont dû être reportées sine die dans l’attente de l’élaboration de la Liste Électorale Permanente Informatisée (LEPI).

Dernière modification : 24/06/2014

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